• Catherine Lenne

Des clous ! Non... des nèfles !


Le fruit du néflier (Mespilus germanica, Rosacées) n'a pas bonne presse... "Des nèfles ! " lance-t-on à celui à qui on ne veut rien céder, rien donner... "Tu n'auras rien ! ", voilà tout le sens que cette nèfle incarne ! Et pourquoi donc cette pauvre nèfle en est-elle réduite à si peu de choses ? La nèfle sert à désigner les choses sans valeur, et ce depuis des siècles.

En effet, c'est un fruit très dur, peu appétissant car riche en tannins, finalement de peu de valeur... sauf si on le laisse blettir : comprenez "pourrir", 'se ramollir". Les premières gelées sont efficaces pour ce traitement, et ensuite on aide un peu en disposant les fruits cueillis sur un lit de paille pendant quelque temps. Les fruits fermentent, ce qui les ramollit et leur donne un goût un peu "vineux". A cause de la nécessité des gelées et du goût un peu spécial des fruits fermentés, les nèfles sont consommées en hiver, le plus souvent cuites, en confiture.


La nèfle est une sorte de petite poire très dure, surmontée de 5 "cornes" pas très esthétiques : ce sont les restes des 5 sépales de la fleur qui persistent et ne tombent pas. La fleur est blanche, grande et son ovaire (la base du pistil où sont logées les futures graines) est infère. Infère ? Cela veut dire que le pistil s'insère dans la fleur plus bas (le niveau de son point d'insertion est matérialisé par la ligne rouge sur la planche botanique, ci-dessous) que toutes les autres pièces florales (sépales, pétales et étamines, niveau d'insertion matérialisé par les lignes bleues).

Un pistil qui s'enfonce ainsi dans le réceptacle de la fleur, en y adhérant étroitement, donne un fruit appelé piridion, c'est-à-dire "petit sac". Comme une poire ou une pomme ! Le "petit sac" en question, c'est le trognon de la nèfle (ou de la poire, ou de la pomme). C'est lui le vrai fruit qui renferme les précieux pépins (les graines) (voir article sur la pomme ICI).


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