• Catherine Lenne

Reconnaître une orchidée à coup sûr

La famille des orchidées (Orchidacées) fascine. Ses fleurs sont belles, aériennes, aux formes audacieuses. Ses représentants, connus en France par la plupart d'entre nous, sont pourtant souvent exotiques ! Les orchidées vendues en jardinerie sont en effet des orchidées tropicales, qui vivent accrochées sur les troncs et les branches dans les forêts primaires. Ce sont des plantes épiphytes. Rassurez-vous, celles que vous achetez ne sont pas arrachées à leur forêt, elles sont produites en serre, par multiplication.


Mais alors, y a-t-il des orchidées chez nous, en France métropolitaine, sauvages ? Bien sûr ! Elles possèdent les mêmes caractères que les orchidées tropicales, mais ne sont pas épiphytes : elles poussent en terre, comme tout le monde.


Comment les reconnaître ? Nous présentons ici quelques caractères à rechercher, fréquents, pour ne plus jamais prendre un lamier ou une sauge pour une orchidée...





La première chose à faire est d'observer les feuilles de la plante : la très grande majorité des orchidées possède des feuilles étroites, plaquées au sol en rosette ou bien embrassant la tige, alternant de place en place, mais leur particularité facile à observer est que leurs nervures sont parallèles entre elles, comme des feuilles de poireau ou de muguet.



Les fleurs ensuite. Elles sont accrochées sur la tige pour former un épi, comme ici chez le genre Ophrys dont les fleurs brunes semblent des insectes posés sur la plante.



La fleur d'orchidée est de type 3. Cela veut dire que les pièces florales de son cadre sont en multiples de 3. Trois sépales et trois pétales font son cadre.


Au centre, les pièces fertiles sont rassemblées en une colonne centrale qui regroupe en un seul organe compact les parties mâle et femelle de la fleur. En effet, l'extrémité du pistil (le stigmate) et l'étamine sont coalescents. On appelle cette colonne le gynostème. Il a une forme de bec d'oiseau chez l'ophrys abeille (Ophrys apifera).



Observons ci-dessus la fleur du Cephalanthera damasonium, la céphalanthère de Damas : les 3 sépales (les pièces les plus extérieures) et les 3 pétales plus intérieurs se ressemblent, ils sont de couleur jaune pâle. Le pétale du bas est un peu particulier, on l'appelle le labelle. Il est reconnaissable ici à sa gorge orangée. C'est lui qui adopte des formes particulièrement extravagantes chez les Ophrys, ressemblant très souvent à des corps d'insectes velus et sombres ! Enfin, on aperçoit au cœur de la fleur de la céphalanthère, épousant son dos, le gynostème.


Une autre particularité fréquente chez les orchidées est la résupination. Quoi, un gros mot ?? Non, cela signifie que la fleur, lorsqu'elle s'épanouit, se retourne à 180 degrés et que le pétale qui était dorsal dans le bouton floral (c'est le labelle) devient alors ventral. On voit la trace de ce retournement à la base de la fleur en observant sa "petite tige" : ce n'est pas une tige ni même un pédoncule floral, c'est l'ovaire de la fleur, allongé, qui lors de la floraison subit une torsion à 180°, bien visible sur l'Orchis purpurea (orchis pourpre) ci-dessous.

Au passage, notez que chez les Orchis, deuxième genre très représenté chez les orchidées après les Ophrys, le labelle adopte souvent une forme de silhouette humaine et que la fleur porte dans son dos un éperon (court, massif et rose chez l'orchis pourpre). Les Ophrys, elles, n'ont pas d'éperon mais un labelle, on l'a dit, qui ressemble au corps d'un insecte.


Enfin, si l'on se prosterne devant l'orchidée pour la photographier, ou si l'on jette un œil sous ses jupes (ci-dessous, Orchis militaris, l'orchis militaire), on observe deux masses compactes, ici mauve sombre, en forme de massue : c'est l'étamine, modifiée en pollinies, deux amas de pollen détachables que l'insecte visiteur de la fleur touchera de la tête et emportera, collés à ses poils jusqu'à la prochaine fleur.


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